France Lorrain nous parle de son livre La Promesse des Gélinas, publié chez Verso, aux éditions du Seuil.

Née au Canada.
Vit à Mascouche (Québec).
France Lorrain est l’une des plus grandes plumes du Québec.
Ses différentes sagas sont toutes devenues des best-sellers.
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Voir Le Livre Ici… La promesse des gélinas. Tome 1 : Adèle – France Lorrain
INTERVIEW
Pourquoi ce livre et pourquoi maintenant ?
Les éditions Verso ont choisi de publier cette saga en quatre tomes parce que cette histoire présente des personnages forts et résilients qui méritent d’être découverts. Cette histoire est inspirée d’une rencontre qui a enflammé mon imagination. Après un accueil extraordinaire au Québec, ce roman poursuit sa route en Europe, à la conquête d’un nouveau lectorat.
La promesse exigée par Rose sur son lit de mort est d’une violence inouïe. Considérez-vous cette mère comme une protectrice maladroite ou comme une femme rendue égoïste par sa propre souffrance ? Comment cette idée centrale vous est-elle venue ?
Il faut savoir que j’ai bien connu quatre des enfants qui ont fait cette promesse à leur mère!
Plus jeune, j’ai visité à de nombreuses reprises cette famille composée de deux frères et deux sœurs alors âgés entre 70 et 80 ans.
Dans ce village des Laurentides, ce n’était un secret pour personne que ces aînés avaient promis à leur mère de ne jamais se marier ni d’avoir d’enfants.
Je me suis donc inspirée de cette famille particulière pour créer ma saga. Même si les détails de cette promesse restent nébuleux, je pense que pour cette mère, il s’agissait d’une manière d’éviter la souffrance à ses enfants.
La souffrance liée à l’abandon, à l’enfantement, à la pauvreté…
Florie est souvent perçue comme la « méchante » de l’histoire, mais ne serait-elle pas, au fond, la première victime de ce serment ?
Florie est un personnage qu’on apprend à aimer lorsqu’on comprend justement, qu’en tant qu’aînée, c’est elle qui a été témoin le plus longtemps de la souffrance de sa mère. D’où l’acharnement avec lequel elle veut que ses frères et sa sœur tiennent leur parole, même si cette parole a été donnée alors qu’ils étaient eux-mêmes enfants.
Je pense aussi que Florie aurait été une mère aimante, affectueuse, présente et que le sacrifice de la maternité la mine plus que tout.
On sent une documentation fouillée, notamment sur les conditions des institutrices rurales ou le journalisme féminin. Quelle part de vérité historique avez-vous glissée dans les articles qu’écrit Adèle ?
La plupart des articles de journaux écrits par Adèle sont véridiques, ou du moins inspirés de la réalité de l’époque.
Lorsque j’écris un roman qui se déroule dans le passé, il est essentiel pour moi de décrire les lieux, les événements et les personnages avec justesse. Je me documente dans les centres d’archives, à la Grande Bibliothèque de Montréal… Je prends aussi le temps de rencontrer les habitants du village où j’ai choisi d’ancrer mon histoire.
Au Québec, la tradition orale est encore bien vivante et j’aime échanger avec les gens qui n’ont jamais quitté leur terre natale.
La chute brutale de Marc-Joseph est un moment charnière. Aviez-vous prévu cette noirceur dès le début de l’écriture ou a-t-elle surgi lors du développement du personnage ?
L’événement dramatique en lien avec Marc-Joseph s’est imposé au fil du développement de mon histoire.
J’aime écrire des romans qui se rapprochent de la vie sous toutes ses formes, qui font ressentir des émotions, aussi tragiques soient-elles parfois.
Le destin qui entoure ce personnage a aussi permis à Adèle de découvrir à quel point elle était forte dans les épreuves.
« Je ne veux pas être fermière, craindre les mauvaises récoltes, les animaux malades… Non, moi, je vais écrire et gagner ma vie sans aide. », ça sonne comme une révolution, pour cette époque, pouvez-vous mieux en parler ?
Inspirée par Robertine Barry, la première journaliste canadienne-française, Adèle choisit de vivre à fond, en dépit du fait qu’elle n’aura jamais de mari ou d’enfants.
Depuis toute petite, c’est une femme qui a des buts, des envies autres que celle de la plupart des femmes de l’époque.
Est-ce qu’Adèle aurait eu des enfants, si elle n’avait pas fait cette promesse?
Je n’en suis pas certaine.
J’aime écrire des personnages féminins qui n’ont pas froid aux yeux, et ce, même dans les années 1930, 1940.
Dites-nous, pourquoi le Québec ? Qu’est-ce qui vous fascine tant et vous retient sur ces terres ?
Je suis très fière d’être Québécoise, de parler français dans une Amérique de plus en plus conflictuelle. Mon conjoint et moi voyageons à travers le monde et il est évident que le Québec est un lieu extraordinaire. Faire partie d’un peuple qui tient à sa langue, entouré d’anglais, ce n’est pas toujours facile. Mais lorsque je me déplace dans les autres provinces canadiennes, que je constate à quel point les francophones hors Québec doivent lutter pour survivre, mon attachement à ma province est encore plus grand. Et puis, que dire de ces lacs, ces forêts, ces montagnes, ces saisons!
La culture, pour vous, c’est quoi ?
La culture, c’est ce qui nous rassemble au-delà des frontières. Lorsque j’écoute la musique d’un autre pays, dans une autre langue, je voyage sans même me déplacer. Même chose pour le cinéma, la photographie, le théâtre… Dans les moments les plus difficiles comme les plus heureux, la culture permet de ressentir les émotions. Quand j’écris, quand je raconte mes histoires, j’espère créer un lien entre les différentes générations, comme une mémoire collective.
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