GRANDE INTERVIEW : Charles Adrianssens & Paul Montjotin : "Le temps est un objet très complexe. Sa définition même pose problème."

La Guerre les avait jetés là, Pierre Laville

Un roman formidable !

 » La nuit est tombée progressivement. La lumière se fait tout à coup, inondant le couloir. Résonnent les voix joyeuses de comédiens costumés en Marquis et en Arlequin qui se hâtent de rejoindre les coulisses. Puis un régisseur chargé de rameuter son monde crie :
– En scène ! Plus que cinq minutes. En scène !
Dans quelques instants, après les coups de brigadier, naîtra sur le plateau une vie, le temps qui sépare un lever et un baisser de rideau. Gabrielle s’éloigne, poussant devant elle le chariot des costumes serrés dans leur housse. « 

La Guerre les avait jetés là de Pierre Laville

Paris, 1942.

Quand la Comédie Française était très occupée.

Fermer les yeux sur la révoltante compromission, voire collaborer ?

Ou, au contraire, entrer en résistance, et sauver ceux qui doivent l’être, telle la jeune Juliette Gréco qui fuit la Gestapo ?

Paris, hiver 1942.

Les bannières colorées qui affichent le symbole nazi claquent dans le vent et se déplient sur les façades du Louvre ou des grands hôtels.

En ces temps troublés d’occupation allemande, la Comédie Française fait salle comble : le public se presse pour applaudir Marie Bell, la plus grande comédienne de son temps. Phèdre, Roxane, Chimène, Cléopâtre, Esther, Dona Prouhèze… on ne compte plus les rôles prestigieux de cette fantasque reine du théâtre.

Autour d’elle, précipités par des événements qu’ils ne maîtrisent pas, avec conscience ou aveuglement, les plus grands esprits de l’époque s’affrontent : Cocteau, Guitry, Arletty, Céline, Sartre, Camus, les Renaud-Barrault, Colette, ou encore Paul Claudel. Fraîchement arrivé dans la capitale, un jeune auteur dramatique rêve, lui, de percer à tout prix.

Cependant, une fois le rideau baissé, un choix s’impose : fermer les yeux sur la révoltante compromission, voire collaborer ? Ou, au contraire, entrer en résistance, et sauver ceux qui doivent l’être, telle la jeune Juliette Gréco qui fuit la Gestapo ?

Être ensemble et rester soi-même, tous y parviendront-ils ?

Fresque magistrale, ce roman fait revivre les heures sombres comme glorieuses de personnages authentiques, qui brillèrent par leur courage ou leurs lâchetés.

Tout est vrai, ou presque.

Pierre Laville est écrivain, auteur dramatique et metteur en scène. Ses propres pièces et adaptations sont jouées par les plus grands théâtres (Comédie-Française, Odéon, Chaillot, théâtre Antoine, Porte Saint-Martin, etc.) et récompensées par plusieurs molières et prix de la critique.

La Guerre les avait jetés là est son premier roman.

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