GRANDE INTERVIEW : Charles Adrianssens & Paul Montjotin : "Le temps est un objet très complexe. Sa définition même pose problème."

Entretien avec Laetitia Zonzambe

Laetitia Zonzambe

Qui est réellement Laetitia Zonzambe ?

Je suis tout simplement une artiste chanteuse, née à Bangui en république centrafricaine, qui évolue en ce moment à Montréal (QC) au Canada et qui continue à partager et vivre sa passion pour la musique et l’art en général.

Pourquoi êtes-vous « Mbi Nzè » (épuisée) ? Parlez-nous un peu de cette chanson.

Personnellement, même s’il m’arrive parfois d’être épuisée, ce n’est pas un épuisement lié à celui dont il est question dans la chanson.

La chanson « Mbi nzè » est une berceuse, un chant de consolation, interprété en sango, la langue nationale de la République centrafricaine.

C’est un chant de consolation pour les vivants, de celui qui après avoir vécu une longue vie, s’en va pour toujours.

Cette chanson parle de la mort inéluctable, de la mort paisible dont on rêve tous, du départ définitif d’un être cher qui laisse un vide immense dans nos cœurs et qui a besoin d’être apaisé.

La mélodie et le rythme ont été crées lors d’un voyage dans une municipalité du Québec au Canada qui s’appelle « Les Escoumins » au camping « Mer et monde ».

J’étais assise sur un rocher très tôt le matin au bord du fleuve Saint-Laurent pour voir les baleines. L’environnement marin était apaisant et c’est là que l’inspiration est arrivée !

Je pense que le texte parlera plus que moi, en voici la traduction en français :

Les années se sont écoulées

Mes cheveux sont devenus blancs

Comme les rayons du soleil

Je vais me coucher doucement

Mon corps est plus léger

Mon esprit est déjà loin

Comme tout ce qui s’enterre

Je vais retourner à la terre

Refrain :

Je suis épuisé(e), je suis épuisé(e)

Je m’en vais car je suis épuisé(e)

Je laisse les petits tracas de la vie

Je suis épuisé(e), je suis épuisé(e)

J’ai vu mes petits enfants

J’ai eu une vie bien remplie

De bons et de mauvais moments

Aujourd’hui je m’en vais en paix

Je vous en prie

Ne pleurer pas trop

Je vous aime chère famille

Et je veillerai sur vous

Refrain :

Je suis épuisé(e), je suis épuisé(e)

Je m’en vais car je suis épuisé(e)

Je laisse les petits tracas de la vie

Je suis épuisé(e), je suis épuisé(e)

Quand sortira le clip officiel de cette chanson ?

Je compte travailler sur plusieurs clips cet été, si tout va bien. Les clips des chansons SanzaMbi nzè et Ta Gni seront disponibles en ligne bientôt.

J’essaye de me donner les moyens, et je prends surtout le temps qu’il faut pour faire avancer mes projets musicaux.

Ce n’est pas évident de vivre de la musique et de faire avancer ses projets artistiques lorsque l’on est indépendant.

Parlez-nous un peu de votre nouvel album.

Pour parler de l’album « Sanza », je dirais qu‘il est la suite logique d’un travail de recherche et création que j’ai commencé vers la fin l’année 2012 grâce a une subvention du Conseil des Arts et des Lettres du Québec.

 J’ai crée pendant quatre mois un nouveau répertoire de chansons originales s’inspirant et s’appuyant sur la richesse rythmique, mélodique et poétique de la musique Centrafricaine en particulier et Africaine en général ; à travers les contes, les polyphonies vocales pygmées, les berceuses, etc.

Je me suis aussi inspirée d’une forme plus contemporaine de l’oralité, le beat-box, qui est une technique vocale qui permet de créer une bande orchestrale en imitant différents instruments avec la voix pour créer mes chansons.

Pour ce faire, j’ai pris des cours de beat-box avec un beat-boxer (Régis Archambault).

J’ai ensuite pu tester les chansons sur quelques scènes à Montréal avec les musiciens « Festival Francofolies », « Festival MMM » (musique multi Montréal), festival Kultrun (Ontario) lors d’une tournée en Colombie Britannique (« Harrison festival of arts », « Vancouver folk music festival », kelowna « parks alive ») etc.

Ce n’est qu’en 2014 que j’ai choisi 4 des chansons de mon travail de recherche et création pour l’enregistrement de l’album « Sanza ».

Que signifie « Sanza » ?

Le « Sanza » désigne en langue sango (parlée en République centrafricaine) un vêtement fait de différentes pièces de pagnes colorés.

IL symbolise ma démarche artistique qui est la recherche de l’équilibre et de l’authenticité, dans l’intégration et l’assemblage de différents éléments musicaux hérités, empruntés et assimilés au fil du temps dans mes créations musicales (rythmes, mélodies, timbre, phrasés, etc., d’origine et de cultures diverses).

Le projet fusionne ainsi avec les accents traditionnels bantous et des influences plus contemporaines (soul, pop et rhythm’n’blues).

J’ai travaillé avec des personnes talentueuses que j’apprécie et respecte énormément et je suis très fière et très heureuse du résultat de ce travail qui me résume bien en tant qu’artiste.

Chacun de nous a sa propre définition de la culture, et vous comment la définissez vous ?

La culture est la façon dont nous exprimons nos idées, nos valeurs, etc.

C’est un vaste champ dans lequel nous trouvons les racines de ce qui a été planté avant nous, par nous et qui sera planté après nous.

Quels messages, conseils, voulez-vous partager avec vos fans et lecteurs ?

Je souhaite tout simplement à chacun de briller de toutes les manières possibles tant que le souffle de vie l’habite, d’être une source de lumière, de bonheur, de joie, de paix.

J’en profite aussi pour dire un grand merci à tous ceux qui me soutiennent depuis longtemps et inviter les lecteurs qui me découvrent à travers cet article à partager ma musique au maximum dans leur entourage s’ils aiment.

https://www.facebook.com/Laetitia1.Zonzambe

Entretien réalisé en 2016